Quand ta mère te raconte les larmes aux yeux que ton père est l'homme de sa vie et qu'elle l'a rencontré à 17 ans, et que ça a été le seul, c'est beau peut-être, c'est effrayant.
Difficile de croire en l'éternité des sentiments, parce qu'on croit trop au « toujours » de nos mots et que l'on s'est rendu compte que le temps, le temps faisait bien les choses. C'est difficile de se dire que peut-être Quelqu'Un nous aimera toujours, car l'accepter c'est foncer dans un mur, en sachant qu'on se fera mal, mais sans savoir ce qu'il y aura derrière, sans savoir si ce sera du papier mâché ou des briques rouges. L'accepter c'est laisser tomber la dernière chose qui nous rattache à la vie réelle, à la vie des Autres, mais en même temps c'est renoncer à protéger certains rêves, s'exposer à leur dire « Non ».
Pour quelques rares sentimentaux, le « high », c'est de trouver quelqu'un qui nous aime par-dessus tout, contre tout, contre tous. Quitte à ne pas l'aimer, dans le narcissisme constant de se sentir adulé, idolâtré. Mais ce n'est pas ça l'Amour. Et quand on aime, je crois qu'on se dit toujours qu'au fond, il est possible que ce ne soit pas réciproque, quitte à prendre des décisions stupides pour le « futur », quitte à détruire les choses, sans raison, parce qu'on est l'angoissé de service quand on fait partie des rares sentimentaux.
Pour le meilleur & pour le pire.